Surefficience mentale : 3 stratégies pour canaliser ton mental

Toi aussi tu penses trop ? Alors on est deux.
Penser trop, tout le temps, c'est l'un des ravages de la surefficience mentale.

Un mental qui pense trop, c'est comme un singe qui se débat.

Et quand tu es surefficient·e, ce singe, c'est King Kong...

Alors accroche toi, parce que ça va décoiffer.



Qu'est ce que la surefficience mentale ? Définition

Christel Petitcollin a popularisé le terme dans son livre Je pense trop

La surefficience mentale c'est une suractivation du mental à cause d'un cerveau qui fonctionne constamment et à toute vitesse. 

Les personnes concernées souffrent de leur mental envahissant. Elles pensent tout le temps et ne peuvent pas s'en empêcher. Leur mental ne leur laisse pas de répit et chaque idée en amène 10 autres, qui en amènent 10 autres : 10, 100, 1000...

C'est ce qu'on appelle la pensée en arborescence.


Pensée en arborescence ou pensée divergente

A) La plupart des gens utilisent majoritairement la pensée convergente, ou pensée linéaire :

A => B => C

C'est-à-dire que chaque idée en entraine une autre, puis une autre, et c'est tout :
Ils ont un raisonnement linéaire, étape par étape, facile à exprimer à l'oral ou à l'écrit. C'est de cette pensée dont on a besoin pour construire le plan d'une argumentation à l'école, par exemple.

D'ailleurs ce type de pensée m'aurait bien aidé pour construire le plan de cet article. Sniff...


B) Pas de bol : comme beaucoup de zèbres, j'utilise quasi uniquement la pensée divergente, ou pensée en arborescence :

A => B + C + D => E + F + G + H + I + J + K + L + M => l'Univers

Dans ma tête, au lieu d'avoir un plan clair et défini de cet article, au lieu de penser étape par étape, j'ai une image globale et intuitive de l'article. Cette image regroupe cet article et tous les autres, ainsi que différents témoignages de zèbres, ma propre expérience, les différentes définitions et les contradictions que je vois entre elles... en un amas d'idées inter-reliées, sans queue ni tête... 

Bien sûr, c'est extrêmement difficile à décrire avec des mots et des phrases, avec un début et une fin, à l'écrit comme à l'oral.
Écrire cette série d'articles sur la surefficience & co m'a demandé une petite dizaine d'heures pour simplement mettre en ordre mes idées et leur donner une forme cohérente que je pourrais transformer en articles.

En cours, quand je devais faire le plan d'une argumentation, c'était un calvaire :

  • Sur un examen de 2h, mes camarades faisaient le plan en 20-30 minutes et écrivait pendant 1h30.
  • Alors que moi, je passais 1h à 1h20 à construire mon image mentale et à la convertir en une argumentation linéaire... Et les 40 minutes restantes j'écrivais comme un dératé pour finir à temps. Ouf, fini !


Penser dans ce mode, c'est comme si tu étais constamment en brainstorming pour trouver de nouvelles idées, sauf que tu n'as pas de bouton On / Off. C'est toujours comme ça. Alors quand il faut dormir... je te dis pas la galère !

Dans cet article, Véronique Meunier, zèbre, compare très justement cette pensée à Wikipédia :

Je consulte le site pour comprendre un mot ou un événement, comme le krach boursier, et je me retrouve dans le fin fond de l’Australie dans les années 60, sans savoir comment j’y suis arrivée. Ce sont des hyperliens sur tout et c’est comme ça dans ma tête également.

Et d'ailleurs, ce qui est logique pour moi parce qu'il y a un lien direct ou presque dans ma tête ne l'est pas pour mes amis. Ce qui donne lieu à beaucoup d'incompréhensions.


L'origine de ce chahut mental ? Cerveau droit et déficit d'inhibition latente

  • D'une part, les surefficients décrits par Christel Petitcollin utilisent en priorité leur cerveau droit, c'est à dire l'hémisphère droit de leur cerveau. La pensée en arborescence est le mode de pensée préféré de cet hémisphère.
  • D'autre part, à cause de leur hypersensibilité, ces surefficients reçoivent plus d'informations sensorielles qu'ils ne sont capables de gérer. On dit qu'ils ont un déficit d'inhibition latente, à savoir un déficit dans leur capacité à prioriser les informations importantes, et à inhiber le reste.

Le résultat ?

Ils pensent tout le temps et dans tous les sens.


Quelle différence entre surefficient mental et haut potentiel, surdoué ou zèbre ?

On peut simplifier en disant que tous les termes sont synonymes. Mais il y a quelques nuances. D'une part, tu peux être sûr que haut potentiel = surdoué. D'autre part, il y a deux catégories de surefficients :

  1. Ceux qui ne souffrent pas de leur fonctionnement. Cela concerne en général les hauts potentiels à profil laminaire. Dans ce cas il n'y a pas nécessité de mettre un mot dessus.
  2. Ceux qui souffrent de leur fonctionnement. Cela concerne en général les hauts potentiels à profil complexe. Comme il y a souffrance, il a fallu mettre un mot sur la différence.

C'est ce deuxième profil que Christel Petitcollin décrit en parlant des surefficients mentaux, et c'est de ce profil dont on va parler ici. C'est la même chose avec le terme zèbre : zèbre = surefficient.
Néanmoins, pour simplifier on utilisera indifféremment les termes surefficient / zèbre / haut potentiel ou surdoué. Même si personnellement je préfère le terme zèbre qui n'est ni connoté ni prétentieux.


Quelle différence entre surefficience mentale et hypersensibilité ?

Tous les surefficients au profil complexe sont hypersensibles. Ils ont notamment une hyperesthésie, c'est-à-dire une hypersensibilité des 5 sens qui cause leur pensée incessante, j'en parle juste après.

À l'inverse, selon la définition précédente, tous les hypersensibles ne sont pas surefficients. La différence réside dans la vitesse de pensée qui est liée au QI :

  • Une personne surefficiente pense encore plus vite qu'une personne hypersensible. Son hypersensibilité est donc décuplée et elle pense d'autant plus.
  • Une personne hypersensible mais non surefficiente souffrira de ses émotions encombrantes, mais pas forcément d'une pensée incessante.

On peut être hypersensible sans avoir un QI supérieur à 130, alors qu'il faut avoir un QI d'au moins 130 pour être considéré haut potentiel / zèbre / surefficient. Même si, pour être honnête ces fonctionnements évoluent sur un spectre, il n'y a donc pas de catégories nettes. On peut penser beaucoup et en arborescence sans être catégorisé·e de "surefficient·e", mais en souffrir quand même.

Ma conclusion (et celle de Christel Petitcollin) :

Si tu en souffres, tu es légitime. Ta quête pour résoudre ce problème l'est donc aussi.

Dans ce cas reste avec moi pour découvrir les 3 stratégies que je te propose de tester.


Surefficience mentale : comment savoir si tu l'as ? Symptômes et caractéristiques

Comme le nom de surefficience mentale l'indique, chez les surefficients le mental fonctionne trop. Si tu penses trop et que tu en souffres, c'est un signe. Mais il n'y a pas que ça : la surefficience, pour les profils complexes notamment, est associée à un fonctionnement psychologique particulier. Pour être diagnostiqué, il faut faire un test avec un·e psy.

Le plus simple sur le court-terme pour te donner un gros indice, c'est de passer ce test gratuit :


Test surefficience mentale


Comment soigner la surefficience mentale ? Y a t'il un traitement ?

La surefficience n'est pas une maladie, ce n'est pas quelque chose que tu soignes. C'est quelque chose que tu apprends à canaliser et à transformer en force plutôt que de le trainer comme un boulet encombrant.

Malheureusement, il n'y a pas de traitement, pas de pilule magique pour te calmer le cerveau.
Il y a des solutions bien sûr, mais elles demandent du temps et de la pratique, d'autant plus que ton mental, c'est pas n'importe quel singe : c'est King Kong !

Certains surefficients essaient parfois de couper leurs pensées pour arrêter de souffrir. Ça s'appelle l'inhibition intellectuelle, et ce n'est pas une bonne idée.

Passons maintenant aux solutions...


Surefficience mentale : 3 solutions pour canaliser ton King Kong mental

Ton mental, c'est King Kong. Ça ne sert à rien d'essayer de le contrôler, il se débattera d'autant plus fort. Tu ne peux pas le contrôler... mais tu peux trouver des stratégies pour composer avec.

Ceci étant dit, voici la première stratégie :

1. Écouter ce que King Kong cherche à te dire

Tu ne penses pas pour rien. Si ton cerveau pense, c'est qu'il à quelque chose à te dire.
Si tu as une idée importante, elle continuera de te hanter et de faire tourner ton cerveau jusqu'à ce que tu la poses quelque part dans un endroit sûr.

A) La première solution, c'est de noter TOUT, absolument TOUT ce qui te passe par la tête. Dans un carnet, sur les notes de ton téléphone... Peu importe. Quand je dis TOUT, ça concerne notamment :

  • Tes tâches, ce que tu dois faire et ne pas oublier
  • Tes idées
  • Tes listes : films à voir, etc
  • Tes notes en tout genre 

Tant que tu ne l'écouteras pas, ton King Kong continuera de faire de ta vie un enfer. Écoute le, et il sera doux comme un agneau. Un grand agneau.


B) Mais ce qui est encore mieux, c'est que tu utilises le même langage qui lui. Pour ça, rien de mieux que des façons de structures tes notes qui s'adaptent à ta pensée en arborescence :

  1. Perso, j'utilise Workflowy pour centraliser toutes mes infos. C'est un logiciel de listes infinies imbriquées en arborescence. Je note tout dessus. D'ailleurs, j'ai rédigé cet article et tous les autres sur Workflowy.
  2. L'alternative plus visuelle, c'est les mind maps, ou cartes heuristiques que tu peux faire sur Coggle en ligne, ou sur papier pour organiser tes pensées. Tu mets l'idée principale au centre, et tu tires des ramifications pour préciser les idées.

Les deux s'adaptent très bien à la pensée en arborescence, tout simplement parce que ce sont des arborescences.


C) Enfin, et c'est essentiel, ton mental essaie d'exprimer quelque chose. Souvent, c'est une émotion, de la peur, de la tristesse, de la colère. Tant que tu ne l'exprimeras pas, elle continuera de te torturer et reviendra amplifiée, jusqu'à ce qu'elle s'exprime, d'une manière ou d'une autre. C'est pour ça que King Kong casse des hélicoptères.

Une solution pour ça, c'est de :

  1. Poser toutes tes pensées et émotions à l'écrit, dès que tu en ressens le besoin dans un journal
  2. Chercher à comprendre quels besoins elles expriment
  3. Trouver et appliquer des solution concrètes pour aller mieux

Ça s'appelle le journaling et ça sauve des vies tous les jours.

Et avec ça, on King Kong commence à se calmer. Mais ça ne suffit pas ! Il faut :


2. Apprendre à recentrer ton King Kong hyperactif

Ton mental, King Kong est comme un enfant hyperactif. Il se distrait au moindre hélicoptère.

King Kong : Oh, un hélicoptère ! (J'ai traduit ses paroles pour des raisons évidentes).

Ton cerveau a tendance à partir tellement loin dans ses pensées qu'il lui faut quelque chose pour s'ancrer dans le présent. En anglais, on appelle ça le grounding, pour te ramener sur Terre.

A) La première solution, c'est un entraînement régulier : de la méditation, sous n'importe quelle forme pour apprendre à recentrer ton mental dès qu'il se déconcentre. Simplement la méditation toute seule ça peut être difficile de se concentrer. En ce moment je fais de la respiration tous les jours selon la méthode Wim Hof, c'est efficace.

B) La seconde solution, c'est une activité qui t'ancre dans le présent. Une activité manuelle par exemple. Ça peut être :

  • Dessiner, colorier, peindre
  • Faire des origamis
  • Bricoler
  • Marcher dans la nature
  • Faire du sport
  • Voir des amis avec qui tu ne te prends pas la tête
  • Cuisiner
  • Danser
  • Etc...

King Kong commence à se concentrer...


3. Canaliser King Kong et soulever des montagnes

Si King Kong est hyperactif, ce n'est pas que pour te pourrir la vie. Promis.

À bon ?

C'est parce qu'il a besoin de se dépenser.

En tant que surefficient·e, tu as un besoin gigantesque de stimulation et de créativité, et ton cerveau a besoin de créer et d'être stimulé pour être satisfait. Si tu penses autant, c'est parce que d'une certaine manière, ton cerveau a besoin de réfléchir autant. Il en a à la fois le besoin et la capacité.

Mais tant qu'à faire, autant que ça serve à autre chose que te demander à 3h du matin dans ton lit "Est-ce que si on rencontrait des extraterrestres assez évolués, ils auraient les mêmes mathématiques que nous ?"

Ce n'est pas un hasard si on appelle aussi les surefficients des hauts potentiels. Parce qu'avec King Kong, si tu diriges son énergie et son attention sur la bonne montagne, tu peux la soulever.

Écrire ces articles, réfléchir à ces concepts, c'est une façon pour moi de canaliser mon King Kong. Si ça t'aide à canaliser le tien, ça vaut tout le bonheur du monde. 

Et qui sait ? Peut-être qu'un jour, toi et moi, on soulèvera des montagnes.



Loïc

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